Le Horla, au théâtre Michel

horlacitation

En mai 1887, Guy de Maupassant publie sous la forme d’un journal intime, Le Horla. Une nouvelle fantastique dans laquelle le narrateur évoque une anxiété grandissante face à des phénomènes qu’il ne sait expliquer. Depuis 2011, Florent Aumaître interprète ce personnage au théâtre dans une mise en scène de Slimane Kacioui. Et aujourd’hui, ce seul en scène aussi paranormal qu’original, est à l’affiche du théâtre Michel.

Un homme semble sombrer peu à peu dans la schizophrénie, persuadé qu’un être invisible vit près de lui et se nourrit de sa vie pendant son sommeil. Est-il victime d’hallucinations, devient-il fou, ou bien est-il la première victime d’un être surnaturel apparu sur Terre pour faire de l’Homme son esclave et prendre sa place ?

Le fantastique est un genre littéraire que le théâtre n’ose pas suffisamment mettre en scène. Cela nécessite souvent une machinerie un peu particulière afin de générer quelques effets spéciaux. Sauf qu’ici le fantastique se traduit par un climat singulier. Une atmosphère surnaturelle où le spectateur cherche à l’instar du narrateur, de voir ou du moins ressentir cette présence fantasmagorique. Interprété brillamment par Florent Aumaître, ce narrateur se transforme rapidement en un véritable conteur, que les spectateurs écoutent avec beaucoup d’attention. C’est aussi un bel acteur jouant tous les autres personnages de cette nouvelle avec crédibilité et sincérité.

La scène du théâtre Michel n’est pas délimitée par un décor en particulier, mis à part d’épais rideaux noirs recouvrant les trois murs. Une chaise et un simple tréteau sont disposés sur les planches, et sont régulièrement utilisés tout au long du récit en tant qu’accessoires. La scénographie est donc plutôt sobre, puisque seuls des éclairages soulignent les différents événements. Et c’est là où quelques artifices supplémentaires seraient les bienvenus pour souligner encore davantage la progression de l’intrigue. Pourquoi ne pas marquer certaines situations d’une empreinte musicale, ou bien encore projeter des ombres pour matérialiser – voire personnifier – cet être imaginaire dépeint par le narrateur.

8 août. – J’ai passé hier une affreuse soirée. Il ne se manifeste plus, mais je le sens près de moi, m’épiant, me regardant, me pénétrant, me dominant et plus redoutable, en se cachant ainsi, que s’il signalait par des phénomènes surnaturels sa présence invisible et constante. J’ai dormi, pourtant. Le Horla, de Guy de Maupassant.

Fiction ou réalité ?

Imaginée il y a plus d’un siècle, cette nouvelle se prête facilement à l’exercice du seul en scène aujourd’hui. L’histoire est compréhensible, fluide et sa force narrative est toujours aussi prenante. Enfin, la construction du récit sous la forme d’un journal intime, rythmant ainsi la progression du narrateur dans sa démence, est un bel exemple de modernité. Et dans ce très joli théâtre à l’italienne, certains spectateurs découvriront certainement un écrivain, un texte, mais aussi un formidable comédien. Et les horaires de ce spectacle sont assez pratiques pour les élèves accompagnés de leur professeur.

Qu’aujourd’hui Le Horla soit joué au théâtre Michel est un clin d’oeil plutôt amusant au surnaturel : Il y a sur l’affiche comme un lien temporel, entre la nouvelle de Maupassant publiée à la fin du 19ème siècle, et ce lieu de culture construit au tout début du 20ème. Faut-il y voir alors un signe supplémentaire pour aller voir ce spectacle ?

Le Horla de Guy de Maupassant, au théâtre Michel.

Jusqu’au 6 mais 2017
Les mardis et mercredis à 19h
Le samedi 25 mars à 16h30
Le dimanche 26 mars 17h00
Les jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 mai à 19h00

Retrouvez l’actualité du théâtre Michel, ici.

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