Le Lecteur de cadavres écrit par Antonio Garrido

Le lecteur de cadavres

D’Antonio Garrido

Traduit de l’espagnbol par Nelly et Alex Lhermiller

L’auteur nous plonge dans la Chine médiévale, sous l’empereur Ningzong de la dynastie Song. Un sujet que l’auteur a visiblement travaillé en profondeur, car il nous en livre une description précise, et nous dépeint avec un réalisme saisissant à la fois le contexte historique, les conventions sociales, les rites et traditions, et les codes, mais aussi la cruauté.

Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l'écho de ses exploits parvient aux oreilles de l'empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d'assassinats. S'il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s'il échoue, c'est la mort. C'est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l'époque médiévale, la haine côtoie l'ambition, comme l'amour, la mort.

Le lecteur de cadavresLe personne central, Ci Song est attachant. Il a un petit côté Tintin, jeune homme plein de fougue, de droiture, de générosité, de perspicacité, et courageux à extrême. Il semble sans cesse poursuivi par la malchance, perpétuellement sur le fil du rasoir, mais son intelligence, et surtout la connaissance qu’il acquiert de ce qui va devenir son art lui permettront de se sortir avec brio des mauvaises passes dont il va finir par triompher.

Le lecteur de cadavres nous propose également une belle galerie de personnages, où évoluent des paysans modestes, des bandits de grand chemin, des mendiants, des hommes frustres au grand cœur, des érudits, des assassins sans scrupule, de hauts fonctionnaires, et l’Empereur de Chine en personne, tous plus troubles et mystérieux les uns que les autres, et l’on se demande perpétuellement « qui est le bon, qui est le méchant », qui tire les ficelles ?

Le thème principal du roman est la médecine légale. L’histoire est inspirée d’un personnage réel, Ci Song qui en a jeté les bases et défini les rêgles. Il faut avoir parfois le cœur bien accroché, certaines descriptions pourraient faire regretter aux âmes les plus sensibles leur petit déjeuner, de même, on peut avoir un nœud au ventre en lisant le raffinement de certains châtiments corporels dont la Chine de cette époque semblait friande ! Mais le réalisme et la vérité historique sont au rendez-vous.

Ce roman est est polar haletant, qui de rebondissement en rebondissement tient perpétuellement le lecteur en haleine. Il est adroitement construit à la manière d’un roman-feuilleton, où la dernière ligne de chaque chapitre donne immédiatement envie de sauter à la page suivante afin de connaitre la suite. L’histoire suit le fil d’une intrigue mystérieuse, dont on a envie de dénouer les fils au plus vite, mais, il faut savoir être patient, l’auteur distille adroitement le suspense, et puis il faut bien l’avouer : on aime ça !

En conclusion, Le lecteur de cadavres est un excellent roman, qui se lit de bout en bout, sans temps mort. Antonio Garrido écrit bien, très bien même, et vous apprécierez son style fluide, sans artifice, qui vous plonge au coeur de cette Chine médiévale comme si vous regardiez un film, mais quel beau film d’aventure ! Afin de ne pas surcharger la lecture, l’auteur a reporté en fin d’ouvrage des notes documentaires particulièrement précises qui éclairent le récit, et lui permettent de garder le rythme.

Vous l’aurez compris : Le lecteur de cadavres est un de ces romans qu’il faut lire en priorité ! Retrouvez ce livre en cliquant ici.

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