Explication des meilleurs albums des 60's

Les années 1960 (ou 60's) sont un peu le grand début de la musique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Si l'on réalise un top 100 des meilleurs albums de l'histoire, on en trouve pas moins d'un quart entre 1959 et 1969... rien que ça !

On a tenté d'être les plus objectifs possibles. Alors effectivement, nous avons déjà parlé de certains albums dans d'autres articles, donc nous ne saurions que trop vous conseiller d'aller voir l'ensemble de nos articles musicaux pour vous faire un récapitulatif complet de cette superbe décennie !

Analyse de Kind of Blue de Miles Davis (1959)

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Seul album de la sélection dans la décennie 50, nous avons unilatéralement décidé de l'intégrer à cet article sur les années 60 !

Le mythe par lequel tout a commencé. Sur Kind of Blue, Miles Davis s’entoure des meilleurs (Bill Evans au piano, John Coltrane et Cannonball Adderley au saxophone) pour livrer un album qui redéfinira le jazz pour longtemps. 

On s’éloigne ici du be bop dansant qui a fait le succès de l’après-guerre, pour arriver à un jazz plus mature, plus riche émotionnellement. On retrouve ce qui sera la patte de Miles Davis durant les grandes phases de sa vie (et notamment plus de 10 ans plus tard avec Bitches Brew), cette envie de faire quelque chose qui n’a jamais été fait avant.

Une précision technique impressionnante venant de ces virtuoses, mais qui ne serait rien si elle ne transmettait pas énormément de sensualité, de raffinement. Il suffit pour s’en convaincre de se laisser porter par le mythique So What, ou alors par Blue in Green qui vous transporte dans un univers feutré et magique.

C’est une première étape fantastique dans la carrière phénoménale du grand Miles. 

Analyse du Live at the Apollo de James Brown (1962)

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Un album qui démontre en lui seul l’énergie transcendante du jeune (il a alors 29 ans) James Brown. Un live au célèbre Apollo Theater d’Harlem qui est court (environ 30 minutes) mais d’une énergie débordante.

On y enchaîne de nombreux courts morceaux (en moyenne 2 minutes) qui s’enchaînent par des ponts instrumentaux. On s’envole sur les deux derniers morceaux qui sont le climax du concert. Le premier, un medley de 6 minutes (Please Please Please - You’ve Got The Power - I Found Someone) est d’une énergie folle tout en s’enchaînant avec une belle fluidité.
Enfin, le final, Night Train, est un parfait exemple de cette musique R&B. Des rythmes effrénés, une voix, mais quelle voix. Bref, un must.

Explications de A Love Supreme de John Coltrane (1965)

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8 ans après Blue Train, John Coltrane revient sur le devant de la scène avec un album moins facile d’accès que le be-bop et qui offre ses lettres de noblesse au jazz modal.

Plus déconstruit d’apparence, et préfigurant une certaine forme de free jazz, A Love Supreme est construit autour de - seulement - 4 morceaux. D’Acknowledgement à Psalm en passant par Resolution et Pursuance, on comprends le chemin de croix du saxophoniste qui se débat contre la drogue et l’alcool. A Love Supreme nous offre un jazz à la fois complexe et simple, dont la construction semble logique, tout en étant torturée par les passages plus free. Accompagné de McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la base, l’album est d’une puissance accessible impressionnante.

Un vrai chemin spirituel donc, mais chemin torturé que l’on suit avec lui lors de la petite demi-heure époustouflante de cet album.

Analyse de Pet Sounds des Beach Boys (1966)

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Dans un monde dominé par les Beatles et les Stones, il reste une place (oui, promis) pour un groupe californien des “vieux de la vieille”. Fondé en 1961, c’est par leur 11e (oui, vous avez bien lu, 11 albums en moins de 6 ans) que le groupe arrivera au firmament de l’histoire du rock.

Symbolique à lui seul du style californien ou surf music, l’album est un ensemble d’orchestrations, de compositions originales, souvent déjantées, venues directement de l’esprit de Brian Wilson, le leader historique du groupe.

Si l’album est essentiellement connu pour ses deux grands hits que son Wouldn’t it be Nice et surtout God Only Knows. Ce dernier morceau à écouter (ou ré-écouter) est d’une complexité impressionnante en terme de composition, d’harmonies, mais aussi de production. On ne peut qu’être admiratif du travail effecué sur l’ensemble de l’album, qui marquera son époque.

Pour le plaisir, vous pouvez vous offrir la comparaison de l’enregistrement mono VS la stéréo. D’un côté la stéréo offre toute la richesse et un spectre large permettant de profiter au mieux de la richesse de l’album. De l’autre, la presque rudesse du mono sur nos systèmes modernes est surprenantes de complexité et d’inventivité.

Lire la suite : La mythique année 1967

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